Détente Jardin
Le magazine du jardin plaisir

Impériale Imperata cylindrica ’Red Baron’

Coup de coeur pour ce jardin baptisé "Pénombre, Rothko au jardin", en hommage au peintre américain, maître dans l’art de traiter les couleurs vives. A la mi-août, le contraste entre les couleurs des plantes est vraiment étonnant.

Ici, la graminée Imperata cylindrica ’Red Baron’ émerge de la clôture tortueuse. Son feuillage, vert acide au début du printemps a viré au rouge vif en ce milieu d’été au fur et à mesure que la plante a poussé. L’effet visuel est très réussi ; le contraste entre le blanc des piquets et le rouge des feuillages interpelle les visiteurs. Tout autour, les concepteurs espagnols ont plantés des gauras aux délicates fleurs blanches. Une vraie réussite. A découvrir jusqu’à mi-octobre.

Ça pousse, ça pousse à Chaumont-sur-Loire !

Les fortes chaleurs des dernières semaines combinées à quelques pluies bénéfiques ont favorisé le développement d’une végétation foisonnante dans les jardins de Chaumont. Les massifs sont tels qu’ils devraient être à fin septembre...

Dans le jardin que nous parrainons, les îlots plantés (peut-être un peu trop serrés) sont autant de mini-jardins à la végétation très denses. Ils associent Senecio cineratia au feuillage gris, Artemisia schmidtiana qui forme des boules gris bleuté (parfaite en couvre-sol), Gompherena globosa... Au fond de la parcelle, le blé tendre (Triticum aestivum) côtoie la verveine de Buenos Aires (Verbena bonariensis) et les rudbeckias jaune vif à coeur noir.

2009 : une année haute en couleurs à Chaumont-sur-Loire !

La tendance est au beau fixe à Chaumont-sur-Loire en ce mois d’août. Le thème porteur de la couleur attire les foules qui viennent découvrir les créations de jardins éphémères et toutes les oeuvres d’art présentées aussi bien dans le château que dans le parc. Une vraie réussite.

L’édition 2009 du Festival International des jardins de Chaumont-sur-Loire s’annonce déjà sur comme une réussite, même si la saison ne s’achève qu’en octobre. Chantal Colleu-Dumont, directrice du Festival a bien voulu répondre à nos questions :

• Quel bilan tirez-vous de ce festival à mi-parcours ?
- Nous sommes agréablement surpris car le thème retenu "celui de la couleur" n’a en aucun cas donné lieu à un traitement que l’on aurait pu craindre banal. Il y a de très beaux projets, les équipes (dont beaucoup sont jeunes) nous ont étonné par la qualité de leur travail et par leur connaissance des végétaux.

• Il semble que le végétal ait retrouvé toute sa place dans ce festival ? Absolument, c’est une condition indispensable à sa réussite et nous exigeons même qu’il y ait dans chaque équipe candidate un ou des spécialistes du végétal (paysagiste, botaniste...)

• Quels sont les jardins qui rencontrent le plus grand succès cette année ?
- Le jardin lessive en fleurs avec son linge suspendu, Jaune d’Or avec ses déclinaisons de plantes à fleurs et à feuilles dans toutes les nuances de jaune, le jardin Voir Rouge avec son paillis et ses monticules de fleurs d’un rouge éclatant, mais aussi le jardin Mange-Tête où l’on peut s’installer sous des "cloches" rouge, bleu, violettes, pour voir la vie en couleur...

• L’aspect environnemental a guidé bien des projets. Est-ce une vraie volonté de votre part ?
- Le respect de l’environnement est une vraie nécessité, notamment dans le choix des techniques employées et des matériaux. Cette année, plusieurs jardins donnent la part belle à différentes techniques de paillis... Nous poursuivrons avec les mêmes exigences pour les prochaines éditions.

• Justement, le thème de l’édition 2010 est déjà connu : jardin "corps et âme". Peut-on en savoir un peu plus sans tout déflorer ?
- L’avis de consultation est effectivement lancé. Cette idée est venue car le jardin est fondamental pour le corps et l’esprit (plantes à l’origine des médicaments, des parfums, des produits de soin et de beauté). Le "toucher" de la terre agit également sur le corps et l’esprit ; enfin le jardin peut aussi "soigner" les paysages blessés en les restaurant... Nous laissons maintenant libre cours à l’inventivité des candidats. Rendez-vous en avril prochain pour découvrir les nouveaux jardins.

• Vous avez aussi fait entrer l’art dans le Domaine en lui donnant une dimension plus importante que par le passé...
- Nous invitons en effet des grands artistes contemporains qui exposent aussi bien dans les salles du château ou les dépendances que dans le parc : à découvrir l’installation de Nils Udo "Gulliver’s Forest" ou l’arbre aux échelles de François Méchain.

Pour en savoir plus, connectez-vous sur le site de Chaumont-sur-Loire : www.domaine-chaumont.fr

[1]B

Notes :

[1] Crédit photo : PORTRAIT E. SANDER CCD P


Le concepteur en pleine contemplation

Le professeur Yoshinori Kitamura de l’Université des Arts de la Préfecture d’Okinawa assis sur le banc de son jardin. C’est là que nous l’avons retrouvé pour parler de l’aventure qu’il a vécue avec son équipe et qui l’a mené jusqu’en France.

Sous le soleil exactement... le professeur Yoshinori Kitamura s’est assis sur le banc de son jardin pour lire le poème imprimé sur un livre en bois. Le poème fait partie intégrante du projet. Le voici :

Chargée

De fruits légers aux lèvres

Parée

De mille fleurs variées

Glorieuse

Dans les bras du soleil

Heureuse

D’un oiseau familier

Ravie

D’une goutte de pluie

Plus belle

Que le ciel du matin

Fidèle

Je parle d’un jardin

Je rêve

Mais j’aime justement.

Paul Eluard


L’équipe japonaise au complet

A la fin de l’hiver, les concepteurs ont passé plusieurs jours sur place pour aménager le jardin. Ils ont réceptionné les végétaux et les matériaux pour les mettre en place.

"Les étudiants qui ont participé à la conception du jardin ont d’abord travaillé séparément en listant leurs propositions, puis ils ont mis en commun leurs idées pour arriver au dessin du jardin tel qu’il aujourd’hui", explique Yoshinori Kitamura, leur professeur, qui les accompagne dans le projet. En arrivant en France, chacun a mis la main à la pâte. On les voit ici en train de pulvériser la couleur indigo sur les graviers blancs. "Nous avons essayé de fabriquer notre indigo naturel à partir de la plante, mais la couleur une fois pulvérisée ne tient que quelques mois. Nous avons donc cherché une couleur artificielle qui se rapproche du bleu indigo et qui tient plus longtemps", confie le professeur.