Se régaler de belles pêches savoureuses n'est pas un privilège réservé aux jardiniers du Sud ! Allez donc faire un tour du côté de Montreuil-sous-Bois, fin août-début septembre, et vous pourrez croquer des fruits bien juteux répondant aux noms de 'Galande' ou 'Grosse Mignonne'.
Le rôle du mur
Dans des parcelles délimitées par des murs, la culture des pêchers a commencé voilà plus de 200 ans. À l'époque, les fruits étaient livrés tout frais à la cour de Versailles. Devenue anecdotique depuis le début du xxe siècle, la production est aujourd'hui relancée grâce à une équipe très motivée.
À Montreuil, pour compenser le manque de chaleur indispensable à une généreuse production de pêches, il a fallu imaginer une sorte de "radiateur" artificiel. À l'époque, et aujourd'hui encore, les murs faits de pierre et de terre, puis recouverts de plâtre, remplissent parfaitement ce rôle, emmagasinant la chaleur du soleil pendant la journée et la restituant ensuite.
Si vous voulez adopter la même technique chez vous, appuyez l'arbre contre un mur crépi de la maison, par exemple, orienté si possible au sud, voire au sud-ouest. Sinon, l'est ou l'ouest donneront aussi des résultats, mais oubliez le nord.
Les étapes de la culture
• L'achat. Les pêchers cultivés sont souvent greffés sur du prunier ('Saint-Julien' en particulier). Mais pour la culture dans les sols extrêmement calcaires du coin, ils sont greffés sur amandier (et même certains sur des hybrides d'amandier et de prunier).
• La plantation. Les racines d'un pêcher planté contre un mur ne pourront pas se développer uniformément autour du tronc. Il faut donc installer l'arbre à environ 20 cm du bord tout en l'inclinant légèrement de façon que les racines poussent naturellement vers l'extérieur. Si vous décidez de planter plusieurs pêchers, prévoyez de les espacer de 5 à 6 m. C'est l'envergure maximale de l'arbre à l'âge adulte.
• Le palissage. Quand les arbres atteignent une certaine hauteur, il devient nécessaire de les palisser. La technique employée à Montreuil était et reste celle du palissage "à la loque" : une bande d'étoffe clouée au mur soutient les branches sans les blesser. Ne pas hésiter à bien incliner les branches pour favoriser la circulation de la sève, y compris vers les rameaux de la partie inférieure.
La taille
• Taille de formation. À Montreuil, on taille la première année pour garder deux branches mères, d'une longueur de 20-30 cm, qui partent de chaque côté de la greffe, en les inclinant presque à l'horizontale. L'année suivante, chaque branche mère donne une branche secondaire que l'on taille court et que l'on incline. Et ainsi de suite.
• Taille de fructification. Elle est effectuée dès la troisième année, puis tous les ans. Contrairement à d'autres arbres fruitiers qui donnent leurs fruits sur du vieux bois, les pêchers fructifient sur le bois de l'année précédente. Ne taillez pas trop tôt, au risque de "couper" les jeunes branches qui porteront des fruits. Attention, le bois du pêcher ne supporte pas les blessures et produit tout de suite de la gomme. Soyez méticuleux, utilisez des outils adaptés et bien aiguisés.
Il faut conduire l'arbre pour avoir des fruits sur les rameaux au plus près des branches charpentières (les plus grosses). En juillet, on peut éclaircir en supprimant un fruit sur trois lorsqu'ils ont la taille d'une noix.
Pour se régaler
• Nourriture et soins. Apporter une fois par an du fumier bien décomposé (ou du compost) au pied de chaque arbre. Contre la cloque du pêcher, traiter en préventif avec de la bouillie bordelaise début février, avant la sortie des fleurs.
• La cueillette. Selon les variétés, la cueillette a lieu entre début juillet et début septembre. Il faut toujours cueillir les pêches à maturité, car une fois ramassées elles ne mûrissent plus. Pour ne pas se tromper, prendre le fruit en main, le soulever légèrement en effectuant une légère rotation. S'il se détache, c'est bon. S'il résiste, attendez quelques jours.